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L’hôtellerie traverse une crise de recrutement. C’est un fait. Mais soyons honnêtes : elle est loin d’être la seule.
Beaucoup de secteurs font face aux mêmes difficultés.
Et pourtant, le discours reste souvent le même: “Les jeunes ne veulent plus travailler”, “Le métier n’attire plus”.

Il y a sûrement une part de vérité là-dedans.

Mais pendant que certains métiers se réinventent, se modernisent, s’adaptent…
il est peut-être temps que l’hôtellerie fasse la même chose.
Et surtout, qu’elle regarde la réalité en face.

Une désaffection bien réelle

Je le vois autour de moi, la grande majorité de mes connaissances se réoriente aujourd’hui. Pas seulement les nouveaux entrants. Mais aussi ceux qui y ont consacré des années. Pas par manque de passion. Pas par échec. Mais parce qu’elles ne s’y retrouvent plus, ont envis de chagement

Les raisons sont souvent les mêmes :

  • Des horaires décalés, qui deviennent difficiles à tenir sur le long terme
  • L’absence de week-ends, quand tout l’entourage vit au rythme inverse
  • Un rush permanent, sans véritable pause mentale
  • Une pression constante liée à l’erreur : ici, chaque détail compte, chaque oubli peut impacter directement l’expérience client

Et surtout… Une forme de déconnexion progressive avec ses proches.
Les moments importants se ratent. Les habitudes sociales disparaissent.

Une exigence qui ne pardonne pas

L’hôtellerie est un métier d’excellence, mais c’est aussi un métier d’exigence permanente.
Ce qui me frappe aujourd’hui, c’est le contraste avec d’autres secteurs.

Dans beaucoup de métiers, l’erreur est tolérée, minimisée et très souvent elle n’est pas assumée. Quand on vient de l’hôtellerie, ça surprend, car dans notre milieu l’erreur est immédiate, visible et souvent jugée.

Un mauvais check-in, une chambre imparfaite, une information mal transmise… et c’est toute l’expérience client qui peut basculer.

Cette responsabilité constante forge des professionnels exigeants, rigoureux et engagés, mais elle use aussi, surtout lorsqu’elle n’est pas accompagnée des bonnes conditions de travail et qu’elle n’est pas reconnue à sa juste valeur.

Et pourtant… j’aime ce métier

Et c’est là que le sujet devient intéressant.

Parce que malgré tout ça, moi, j’aime ce métier. Je l’ai exercé pendant plus de 15 ans et il m’a apporté énormément.

Ce que j’aimais, c’était le rythme saisonnier, le fait de changer régulièrement d’environnement, de collègues, de manière de travailler. Rien n’est figé. Chaque nouvelle expérience dans une nouvelle maison apporte son lot de règles et de contraintes, et c’est apprendre à jouer selon ces nouvelles règles qui me plaisait.

Je ne m’ennuyais jamais, j’apprenais en permanence, je m’adaptais, je me remettais en question, je m’améliorais.

Et surtout, j’ai rencontré une quantité incroyable de personnes, dont certaines sont aujourd’hui devenues des amis proches.

Il y a dans l’hôtellerie une richesse humaine qu’on ne retrouve nulle part ailleurs, une intensité, une énergie, une vraie vie qui impacte notre manière d’être en dehors du travail.

Alors, où est le vrai problème ?

Le problème, ce n’est peut-être pas le métier en lui-même. C’est peut-être la manière dont il est vécu aujourd’hui.

Un métier passion peut difficilement survivre s’il épuise au point de ne plus profiter de ses moments libres, s’il isole des familles et des amis ou empêche de vivre des moments importants, et s’il exige, impose et responsabilise sans véritable retour.

Je ne pense pas que la nouvelle génération refuse de travailler. Elle refuse plutôt de mettre le travail avant sa vie personnelle : elle travaille pour vivre, et non l’inverse. Elle accepte d’apprendre, de faire des erreurs, mais pas de porter une responsabilité devenue trop lourde au quotidien.

Quant aux professionnels qui se réorientent, ils font souvent un constat lucide : après tant d’années dans ce milieu, ils estiment que celui-ci ne changera probablement pas. Ils préfèrent alors changer de secteur, car ils savent qu’ils ne pourront pas s’empêcher de s’impliquer pleinement, au risque de retomber dans les mêmes travers.

Repenser l’hôtellerie, sans la dénaturer

L’enjeu n’est pas de transformer l’hôtellerie en un métier “comme les autres”.
Ce serait perdre ce qui fait sa force, la dénaturer.
Mais plutôt de trouver un équilibre entre exigence et conditions de travail, entre excellence et bien-être, entre performance et humain.
Parce que sans ça, les professionnels continueront de partir et les nouveaux venus ne resteront pas.

Une évolution nécessaire

Vous pourriez me demander : si j’aime autant ce métier, pourquoi l’avoir quitté ? Tout simplement parce que je pense qu’il peut évoluer.

Je suis convaincue qu’il est possible de conserver ce qui fait sa force, son exigence, son intensité, sa richesse humaine, tout en améliorant la manière dont on y travaille au quotidien.

Parce que certaines solutions existent déjà, ou sont en train d’émerger. Des outils, par exemple, qui permettent de mieux structurer la communication, de fluidifier le partage d’information entre équipes, et donc de limiter les erreurs… et le stress qui en découle.

Des approches qui ne changent pas le métier, mais qui peuvent profondément améliorer la manière de le vivre.

C’est dans cette logique que j’ai commencé à travailler pour des solutions comme My Sharing System.


Conclusion

L’hôtellerie n’est pas un métier en crise. C’est un métier en transition.
Et peut-être que la vraie question n’est pas : “Pourquoi personne ne veut plus travailler en hôtellerie ?”
Mais plutôt :“Comment redonner envie d’y rester ?”

Mathieu Tougeron
Commercial My Sharing System

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